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L'énigme du miel Les scientifiques Dr Alexandra VASQUEZ et Dr Tobias OLOFSSON qui travaillent à l’Université de Lund en Suède ont présenté une découverte qui résoudrait l’énigme du miel |
Nous
avons conduit une étude qui pourrait expliquer en partie la tolérance du miel
aux gènes pathogènes et des aspects inconnus des propriétés anti bactériennes du
miel. La découverte révèle la production et le bénéfice du pollen et du pain
d’abeille. Le grand père de Tobias, Tage KIMBLAD (95 ans) a été apiculteur
pendant 78 ans et Tobias a grandi avec les abeilles et le miel de son grand-père
et eut l’idée qu’il pourrait rechercher pourquoi le miel est considéré comme
bénéfique pour nous les hommes, dans de nombreux domaines.
A la lecture de l’un de ses projets de recherches pour prouver que le nectar et
le pollen de fleurs contiennent des micro organismes (bactéries, levures et
moisissures) et quelquefois de l’acide lactique bénéfique d’origine bactérienne,
il demanda une double étude avec son grand père.
Tobias est un expert dans l’identification de bactéries et autres micro
organismes avec l’aide de l’ADN et maintenant demande à savoir pourquoi
différentes types de miel sont beaucoup plus bénéfiques que d’autres.
La théorie qu’il a émis est que les abeilles intègrent l’acide lactique dans le
miel qui vient de différents nectars au pollen qu’elles collectent.
Ce qu’il découvre avec sa collègue Alexandra, experte en acide lactique des
bactéries est qu’il y a une flore spécifique pour un total de treize espèces
différentes appelées Lactobacillus et Bifidobacterium. Cependant l’acide
lactique ne vient pas du tout des fleurs. La flore mise en évidence vivait et
provenait du jabot des abeilles. Il apparaît que cette flore s’est développée
avec les abeilles au cours de leur évolution de plus de 4 millions d’années,
créant une relation mutuelle où les abeilles obtiennent protection et les
bactéries obtiennent de la nourriture et de la chaleur.
Les bactéries de l’acide lactique sont considérées comme des bactéries
bénéfiques, trouvées chez des sujets sains et commercialement importantes pour
leur usage dans les produits alimentaires et les probiotiques très efficaces
quand ils sont consommés. Elles sont aussi encore utilisées dans de nombreux
processus de fermentation de différents aliments, tels le chocolat, les
saucisses, les olives, la vanille, le vinaigre et beaucoup d’autres...
Les bactéries de l’acide lactique ont été utilisées par les hommes depuis des
milliers d’années pour la conservation de la nourriture qui comprend la viande,
les poissons, les fruits, les légumes, les produits à base de lait et contre les
microorganismes qui dégradaient la nourriture avant l’apparition des
réfrigérateurs, congélateurs ou conserves.
Les éléments principaux de ce groupe sont le Lactobacillus et le
Bifidobacterium. Les bactéries de l’acide lactiques sont connues pour produire
de nombreuses substances antimicrobiennes et des métabolites tels que l’acide
lactique, l’acide acétique, l’acide formique, le paroxyde d’hydrogène et des
substances équivalentes aux antibiotiques. Tout ceci est capable d’inhiber ou
d’éliminer une quantité de microorganismes indésirables (bactéries, levures et
moisissures). Ainsi, quelques uns de ses composants naturels sont déjà utilisés
actuellement en apiculture contre les maladies.
Dans notre étude, nous notons que le nombre et l’équilibre des éléments de la
flore du jabot sont dépendants des nectars collectés, des conditions physiques
et de la santé de la colonie. Les bactéries de l’acide lactique découvertes à
l’intérieur des abeilles semblent inhiber ou tuer les bactéries de la nourriture
avariée, les gènes pathogènes des abeilles et des bactéries fréquemment
rencontrées dans les plaies infectées des hommes (études en cours). La majorité
de ces bonnes bactéries, les bactéries de l’acide lactique du jabot, ont
aujourd’hui été trouvées dans nos études, viables en grand nombre dans le miel
frais alors que cela n’est plus le cas deux semaines plus tard, elles meurent
dans le miel stocké à cause de la haute teneur en sucre. Les différents
composants bénéfiques produits par les bactéries de l’acide lactique subsistent
probablement dans le miel mais sont beaucoup altérés par les traitements des
apiculteurs sur le miel (étude en cours). Il est probable que toutes ces
bactéries peuvent être retrouvées viables dans le miel frais, mais les
différentes quantités dépendent de la source de nectar. Il faut noter également
que les différentes nourritures d’hiver et autres utilisés par les apiculteurs
semblent affecter les bactéries de l’acide lactique dans le jabot de façon très
variable (étude en cours).
Il semble que la flore bactérienne de l’acide lactique serve à protéger le
nectar de la dégradation par d’autres organismes, à partir du nectar de la
fleur, jusqu’à ce qu’il devienne du miel. Les bactéries de l’acide lactique du
jabot sont supposées rester dans le nectar stocké dans le jabot jusqu’au stade
du miel produit durant les jours où la réduction en eau se fait. On a découvert
que les personnes ont consommé une grande quantité de ces bactéries de l’acide
lactique encore vivantes quand ils dérobaient le miel des colonies d’abeilles
sauvages.
Dans la plupart des pays au monde, des hommes consomment encore les bactéries de
cet acide lactique quand le miel est frais, venant du rucher (apiculteurs) ou
d’un arbre (chasseurs d’abeilles), sans le savoir. Un des miels étudiés
contenait plus de 100 millions de bactéries de l’acide lactique vivantes par
gramme de miel.
L’étude dans laquelle nous avons découvert les bactéries de l’acide lactique ont
été refaites aux USA avec le Dr Diana SAMMATARO à l’USDA-ARS, pour confirmation
et ont conclu aux mêmes résultats.
Les chercheurs ont une théorie selon laquelle la flore de l’acide lactique
découverte pourrait être impliquée dans la production de pain d’abeille que l’on
croit être partiellement fabriqué par fermentation de l’acide lactique, car le
pain d’abeille est acide et contient beaucoup d’acide lactique produit par les
bactéries de l’acide lactique. L’étude terminée récemment a prouvé que cela
était vrai.
Quand une abeille collecte du pollen, elle mélange avec la salive et régurgite
le nectar du jabot qui contient les bactéries de l’acide lactique. La boule
collante de pollen est appelée pelote de pollen et est fixée sur leurs pattes
pour le transport jusqu’à la ruche. La pelote de pollen a été reconnue contenir
une grande quantité de bactéries de l’acide lactique provenant du jabot déjà
présentes sur leurs pattes. Dans la ruche, la pelote de pollen est stockée dans
une alvéole avec les apports de beaucoup d’abeilles jusqu’à ce qu’elle soit
remplie et ensuite une opercule de miel est collée au-dessus. Pendant les deux
semaines suivantes, le pain d’abeilles est produit par la fermentation de
l’acide lactique de ces bactéries. Le pain d’abeille a été examiné et on a
constaté qu’il contenait une grande quantité de bactéries de l’acide lactique du
jabot.
En conclusion, il semble que les abeilles contrôlent la fabrication de leur pain
d’abeilles en ajoutant les bactéries de l’acide lactique qui empêchent d’autres
organismes destructeurs se trouvant dans le pollen et le nectar.
La flore des bactéries de l’acide lactique a été récemment testée par les
chercheurs en collaboration avec une autre université en Suède pour leur impact
sur les bactéries Paenibacillus larvae provoquant la maladie de la loque
américaine. Une étude importante a été menée sur des milliers de larves qui
étaient nourries à la fois par des bonnes et des mauvaises bactéries
(Paenibacillus larvae) et les résultats ont montré que les mauvaises bactéries
étaient détruites par les bactéries de l’acide lactique. Le système immunitaire
des abeilles est très peu développé et les bactéries de l’acide lactique sont
reconnues pour être un important complément du système immunitaire dans
différents organismes y compris l’être humain.
Ainsi, nous n’avons plus aucun doute du rôle très important sur les abeilles de
ces bactéries de l’acide lactique de leur jabot.
Avec ces données, nous sommes certains que beaucoup de ces composants trouvés
dans le miel aujourd’hui comme par exemple l’acide lactique, l’acide acétique,
l’acide formique, le peroxyde d’hydrogène et d’autres proviennent de cette flore
des bactéries de l’acide formique. De ceci nous supposons que la flore de
l’acide lactique découverte apparaît comme essentielle dans la transformation du
nectar en miel. Par conséquent, nous suggérons que le miel doit être considéré
comme un aliment fermenté, ce qui a une grande influence pour l’industrie du
miel depuis que les produits fermentés sont considérés comme une nourriture
utile et bénéfique car produits à partir des bactéries de l’acide lactique.
La prochaine fois que vous mangerez du miel frais ou du pain d’abeille frais ou
du pollen frais, n’oubliez pas que vous mangez probablement un des meilleurs
aliments qui puisse exister au monde car il contient un grand nombre de
bactéries de l’acide lactique. Aucun autre aliment au monde ne contient une
aussi grande variété de ces bactéries, soit 13 au total.
Dans d’autres études, nous espérons pouvoir comprendre mieux l’importance de
cette flore bactérienne sur le système immunitaire de l’abeille et les
différents aliments, mais aussi quels facteurs les affectent pour leur bien et
leur mal. Aujourd’hui nous savons que les antibiotiques administrés aux abeilles
non seulement tuent les mauvaises bactéries, mais aussi les bactéries de l’acide
lactique du jabot des abeilles ce qui affectent certainement les défenses de
l’abeille face aux maladies et jouent sur leur production de miel.
A. VASQUEZ – T. OLOFSSON
Traduction - Dr DESJOBERT – O. PARISON
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