L'apiculture
argentine en 1994
(Partie n°2 - Copyright ©)
Article de Gilles RATIA paru
dans la revue Abeilles & Fleurs N°433 du 12/94

Hausses à la lumière, sous abri ventilé (contre la fausse-teigne)
Convenant très bien au contexte argentin, la Langstroth Standard, avec cadres de type Hoffmann, est le seul type de ruches utilisé. Les hausses sont de dimension ¾ corps nid à couvain et n'ont que neuf cadres. Le degré de standardisation atteint quasiment les 100%, ce qui est excellent et rare. Il favorise les ventes et achats sur tout le territoire et facilite l'élaboration des matériels de miellerie, surtout en ce qui concerne les machines à désoperculer et les extracteurs. Les bois utilisés sont le pin, le caroubier (algarrobo) ou plus rarement l'eucalyptus. Prix moyens constatés (US $)
Dans les grosses exploitations, nous avons relevé une moyenne de 1 U.T.H. par 500 ruches avec, en période de fortes récoltes, une aide ponctuelle d'intérimaires payés à 20 $ / jour (ou équivalent en miel). La courbe ci-après montre les gros efforts d'équipement entrepris au niveau national :
Évolution du nombre de ruches sur dix ans (base 100 en 1984)
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Les principaux fabriquants argentins de matériel apicole lourd se situent dans la Province de Buenos Aires. D'une manière générale, les mielleries visitées sont très bien mécanisées mais présentent plusieurs graves défauts : |
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A la décharge des apiculteurs, il faut dire, qu'outre le fait que l'apiculture n'est pour eux qu'une activité secondaire, le prix du miel en gros payé " tout venant " sur l'unique critère de la couleur n'incite guère aux efforts en matière de respect de certaines normes hygiéniques. En ce qui concerne le matériel de conditionnement, il est quasi inexistant, manuel et non inox. |
Miels :
L'apiculture argentine peut se résumer en quelques mots : professionnelle, moderne, standardisée, extensive, très peu transhumante, peu d'intrants, charge salariale moyenne à faible, faible sélection massale, changement des reines " africanisées ", bonne mécanisation des mielleries, aucune différenciation des origines florales, mélanges indistincts des miels, vente en gros, paiement à l'enlèvement des fûts, rendement moyen (années bonnes/mauvaises --- ruches faibles / ruches fortes --- nord / sud) = 42 Kg miel / an / ruche. Ce chiffre relativement élevé a vraisemblablement deux causes : d'une part une bonne maîtrise du métier, d'autre part l'absence de surpâturages (charge de ruches au km2). Cela représente 90 000 tonnes de miel produites par six grandes régions, voir graphique circulaire ci-après :
Répartition de la production de miel par Province. Chiffres corrigés de 1993
Source : estimation Gilles Ratia
Quel que soit le taux de fiabilité accordé à la collecte de ces renseignements (méfiance des apiculteurs, laxisme ou incompétence des enquêteurs, données erronées fournies par les négociants, exagération d'ordre politique, etc ...), on peut noter toutefois, en 1993, une forte baisse de la production pour causes climatiques.
Chiffres officiels - miels argentins ( en tonnes) :
Source : I.N.D.E.C.
Excepté une autre baisse de production à la fin des années 80, on constate une excellente progression annuelle de 8%. Autre fait marquant est le taux élevé des exportations : plus de 85 % de la production. Ce dernier point, conjugué au fait qu'aucune importation de miel n'est effectuée, montre le faible taux de consommation de l'argentin : 150 g miel / an / habitant.
Les apiculteurs vendent 98,6 % de leur miel en gros, les prix payés par les négociants de Buenos Aires se sont stabilisés à 3,40 FF / Kg. Voir la courbe ci-après :
Prix du miel en gros au producteur argentin (US $)
Pollen :
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Les quelques apiculteurs récolteurs de pollen visités utilisent tous des trappes à pollen d'entrée. La récolte moyenne est faible et se situe de 1 à 2 Kg / ruche / an. Le marché n'est guère encourageant car il existe des importations plus ou moins légales de pollen d'Espagne (les producteurs espagnols sont subventionnés). Le pollen se vend localement de 7 à 25 $ / Kg. |
Gelée royale :
La production de gelée royale, d'après ce que nous avons pu observer et entendre, n'a qu'un caractère d'autoconsommation familiale et se situe chez les apiculteurs qui pratiquent un élevage de reines de renouvellement. Les techniques sont donc " Doolittle & Pratt " avec finisseurs verticaux. La production ne dépasse pas les 300 g / ruche / an. Il existe des importations plus ou moins légales de gelée royale de Chine. Elle se vend localement de 200 à 550 $ / Kg.
Cire :
La cire des opercules est directement séparée du miel par un fondoir au moment de la désoperculation. La fonte des vieilles brèches se réalise généralement par des chaudières artisanales à vapeur. Sur une tonne de miel produite on compte généralement, en sous produit, 20 Kg de cire d'opercules. Les pains obtenus sont tous donnés en échange à des ciriers contre 80 % du poids en cire gaufrée.
Autres produits
Hydromel :
La commercialisation ne vient d'être autorisée que très récemment.
Propolis :
La propolis fournie par les Laboratoires Huilén a causé, en Août 1992, la mort de 27 personnes. Deux ans après, on vient d'apprendre qu'il s'agissait d'un acte criminel d'un laboratoire concurrent : contamination avec du di-éthylène-glycol : alcool organique normalement en usage dans les installations frigorifiques. Ce grave événement a suscité une énorme dépréciation des produits apicoles dans l'opinion générale. On en ressent encore les effets, même sur d'autres produits diététiques ou dits " naturels ". Les prix pratiqués étaient d'environ 25 $ / Kg.
Cosmétiques :
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Il existe quelques lignes (Colmenar del Sol, Norma Maliandi, Dietetica Rivadavia, etc...) de produits cosmétiques classiques à base de produits de la ruche (shampooing au miel, crème à la gelée royale, lotion à la propolis, etc...) distribuées dans les magasins de diététiques. |
Structuration de la Profession
Dans une proportion de 99 %, les apiculteurs pratiquent leur art comme activité secondaire, malgré le fait qu'ils possèdent en moyenne 250 ruches. Les exploitations avec 2 000 ruches ne sont pas rares (records : 12 000 et 8 000) et l'amateurisme quasiment inexistant. Les chiffres du graphique ci-après sont issus des données officielles consolidées par des extrapolations venant de différentes sources (emballages, acopiadores (= rabatteurs pour négociants), etc...). Les déclarations obligatoires sont assez souvent inexactes par peur de l'imposition fiscale (cela ne change guère avec la mentalité des pays latins de l'hémisphère nord). Les pourcentages donnent un profil de la profession plus proche de la réalité.

Au niveau national, il existe deux regroupements apicoles :
Il existe dans ce pays de très bonnes revues apicoles comme, par exemple : Boletin del colmenar, Industria apicola, El quehacer apicola, Espacio apicola et Apiservicio ainsi que quelques manuels d'apiculture spécifiquement argentins.