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FRANCE |
| Miel : le jury pris la main dans le bocal |
Manche apicole a départagé 35 échantillons venus de tout le département
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« Vous savez, quand vous faites une génoise en pâtisserie, et que vous mettez un peu de sucre glace dessus pour décorer ? Eh bien, c'est ça que ça sent. » Louis Dubos est dégustateur professionnel. Pour l'Institut national des appellations d'origine contrôlée, toute l'année il sillonne la France et goûte des vins, des huîtres... Aujourd'hui, c'est dans des pots de miel qu'il a choisi de mettre son nez. Au sens propre, il plonge dans un bocal et renifle. « Le truc c'est de chercher dans ses souvenirs ce que le parfum nous inspire. On fait aussi appel à son imaginaire. » Tel échantillon lui fait penser à de la citrouille, tel autre à du foin séché, un peu de citron, de la gelée de pomme, etc. Le vocabulaire du monsieur est sans limite, il trouve toujours le bon mot pour décrire une senteur. « C'est quelque chose qui se travaille. Le dégustateur, en se baladant, doit prêter attention à tout. C'est comme ça que l'on se forge sa petite bibliothèque des odeurs. » |
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| Claude Roulland,
le président de Manche apicole, aux côtés de Louis Dubos, dégustateur professionnel, faisait partie du jury du concours des miels de la Manche, réuni samedi à Saint-Lô. |
Le nez, voilà qui est fait. Place aux
papilles. Samedi, les cinq membres du jury de
Manche apicole devaient départager
35 échantillons. Seize produits dans le
centre, 14 en Cotentin et 5 dans le sud.
« Chez nous, les miels sont toutes fleurs,
c'est notre spécificité, explique Claude Roulland,
le président de l'association. L'autre originalité, c'est que la faune que
butinent les abeilles varie énormément selon les
régions manchoises. » Le pissenlit,
l'aubépine, le trèfle, le châtaignier, la
bruyère... Selon le menu du jour de ces
demoiselles, le miel n'aura pas le même goût. Un
stylo à la main, armés d'une cuillère, les jurés
piochent et mâchent, « très important.
Quand le produit a commencé à durcir, il faut
écraser les cristaux avec la salive pour bien
capter la saveur ».
16 sur 20, 4 sur 10... Comme à l'école, il y a des bonnes et des mauvaises notes. Au bout du compte, c'est le meilleur qui l'emporte. Sachant que celui que le jury récompense n'est pas forcément le préféré du novice. Stéphane Renouf, secrétaire de Manche apicole, s'explique : « Le bon miel pour nous est celui qui l'emporte à la dégustation, long en bouche, original. Pas celui qui est facile à tartiner. On ne cherche pas à coller au standard et à flatter les habitudes du consommateur. Le but est plutôt de dénicher pour lui des produits qu'il n'a pas l'habitude de manger. »