En observant dès l'été 1994, que la colonie d'abeilles se
dépeuplait sur la miellée de tournesol et montrait des signes d'une
intoxication au contact de cette culture en fleur, les apiculteurs français
ont interrogé le ministère de l'agriculture, responsable de l'homologation des
produits phytosanitaires. Aussi, depuis octobre 1997, de nombreux
scientifiques et experts ont été sollicités par le Ministre de l'agriculture.
Successivement, MM. L. Le Pensec, J. Glavany, H. Patriat et H. Gaymard leur
ont demandé de vérifier si les usages autorisés de la matière active
insecticide imidaclopride de BAYER, et plus particulièrement de sa formulation
Gaucho enrobant les semences, ne provoquent pas d'effets délétères sur la
colonie d'abeilles.
Le 23 octobre dernier, le Conseil d'Etat avait enjoint le Ministre de
l'agriculture d'examiner dans un délai de trois mois, la demande d'interdire
l'autorisation de vente de Gaucho pour son usage maïs, ce qui impliquait
nécessairement, la démonstration de l'innocuité de cette formulation.
A l'occasion de la dernière décision ministérielle en date du 21 janvier 2003,
le Ministre Gaymard conclut provisoirement ainsi :
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la suspension de Gaucho pour son usage : tournesol - en vigueur depuis janvier 1999 - est maintenue |
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les autorisations de tous les autres usages de l'imidaclopride sont confirmées, et notamment de Gaucho pour son usage : maïs ( en réponse à la demande du Conseil d'Etat, 23 oct.2002 ). |
Cette décision avait été recommandée au Ministre H. Gaymard
par son Comité d'Homologation des produits phytosanitaires, lequel à son tour,
s'était notamment inspiré de l'avis scientifique de la Commission des Toxiques
( ou Comm. d'étude de la toxicité des produits antiparasitaires )
La
Commission des Toxiques
La compréhension de l'imidaclopride que ce soit en matière de son devenir dans
l'environnement et dans la plante traitée (donc des niveaux d'exposition de
l'abeille) ou en matière de ses effets toxiques sur l'abeille (donc des
dangers pour l'abeille), a beaucoup évolué depuis le premier avis de la
Commission des Toxiques en décembre 1997.
C'est d'ailleurs à l'occasion de leur cinquième et dernier avis du 18 déc.
2002 au sujet du risque encouru par l'abeille exposée au pollen de maïs traité
Gaucho, que pour la première fois les experts concèdent :
" un risque significatif sur le comportement des abeilles ( ... ) dans
certaines conditions particulières d'évaluation de l'exposition et des dangers
Tout au long des 22 pages de leur dernier avis, les experts de la Commission
des Toxiques ont jonglé de manière à limiter " le risque significatif " à "
certaines conditions particulières ".
En dehors de la centaine de rapports étudiés, il aurait suffi :
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d'ajouter une seule étude ( Prof. W. Kirchner / Konstanz, All.), malencontreusement toujours pas validée au jour de l'avis, mais entre temps elle l'est, |
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sinon de définir de façon moins arbitraire certains facteurs d'incertitude, ... pour généraliser à tous les cas de figure envisagés, le risque encouru par la colonie d'abeilles butinant du pollen de maïs issu de semence traitée Gaucho. |
Cinq années d'études et de réflexions expertes, pour exprimer
- certes, furtivement - ce que les apiculteurs savaient depuis tout ce temps
!!
Le Comité
d'Homologation des produits phytosanitaires
Le 20 décembre 2002, et afin de préparer la dernière décision
ministérielle au sujet de Gaucho en usage semences de maïs, la réflexion du
Comité d'Homologation s'est réduite à mettre dans la balance : d'une part, les
bénéfices agronomiques supposés de Gaucho sur maïs et d'autre part les
risques, exclusivement limités à l'abeille, en cas de son maintien.
Aussi le Comité a-t-il conclu que " compte tenu du fait que le risque se
limite à des situations particulières, que le produit présente un intérêt
agronomique fort, et que les substitutions sont potentiellement moins
acceptables ou en voie de disparition, sa recommandation sera le maintien de
l'AMM Gaucho sur maïs "
Peu nombreux seront les cultivateurs à soutenir que Gaucho est généralement
indispensable en matière de culture de maïs : la Chambre d'agriculture de la
Sarthe, ne vient-elle pas de constater à l'issue de travaux pluriannuelles sur
la question, que seulement dans 1 cas sur 52, Gaucho s'était montré plus
avantageux ?
Et inexistants, les spécialistes pour le proclamer plus acceptable que ses
molécules de substitution, du point de vue du respect de l'environnement (
voir plus loin ).
Par conséquent faut-il comprendre que les vraies raisons du maintien de Gaucho
sur maïs sont différentes et on peut évoquer notamment :
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d'un point de vue technique : des résistances de certains organismes nuisibles aux générations précédentes d' insecticides / aphicides n'inviteraient pas à freiner le succès inégalé de l'imidaclopride, premier représentant de la nouvelle génération des néo-nicotinoïdes, dont il ne conviendrait pas de casser l'élan. |
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d'un point de vue économique, des restrictions sur la commercialisation de l'imidaclopride ne manqueraient pas d'avoir pour la société BAYER des conséquences comparables à celles qui suivirent le retrait de son médicament anticholesterol Staltor / Cholstat. De même que risqueraient d'être affectés certains autres industriels, qui depuis une décennie ont misé sur la recherche et le développement de molécules néo-nicotinoïdes. |
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le ministère de l'agriculture craint de voir écornée son autorité en matière d'évaluation, d'homologation, de gestion des produits phytosanitaires. Plutôt que faire amende honorable sur ses erreurs d'appréciation du Gaucho / imidaclopride et analyser les raisons de cet échec, il a malheureusement préféré faire le pari d'ignorer les conséquences de ses dysfonctionnements graves et de faire croire que l'origine des intoxications de colonies d'abeilles se résume à des pratiques douteuses ou illicites, de la part de distributeurs ou d'utilisateurs de ces produits phytosanitaires ... irresponsables ! |
L'homologation du Gaucho / imidaclopride : un raté révélé par
les abeilles, mais qui concerne bien plus que l'apiculture.
En dehors des études toxicologiques, portant sur la santé humaine ( tant le
consommateur que l'applicateur ) comme sur la santé animale, la réglementation
nationale et communautaire semble vouloir intégrer de plus en plus, l'impact
des produits phytosanitaires sur les organismes vivants non cibles (évaluation
écotoxicologique) et sur les différents compartiments de l'environnement
(évaluation environnementale) dans la logique de l'homologation
Evaluation écotoxicologique ( notamment : l'étude d'impact sur l'abeille ).
Lorsqu'en 1994 les premières semences de tournesol Gaucho sont mises en vente,
BAYER comme le ministère s'accordent à dire que l'imidaclopride est parmi les
insecticides les plus toxiques qui soient pour l'abeille ( en toxicité aiguë
par ingestion : DL50 = 3,7 nanogramme par abeille ). Comme il n'y a aucune
raison de ne pas croire BAYER affirmant que, malgré sa forte systémie,
l'imidaclopride appliqué sur la semence, ne peut être présent dans la fleur,
75 à 90 jours après le semis, tout le monde retenait donc qu'il était
impossible que l'abeille puisse être exposée à ce puissant toxique !
Quelques années plus tard, 3 millions d'euros de recherche publique plus loin
( 50 % à charge d'un fond européen d'aide à l'apiculture ), le tableau est
dramatiquement autre :
BAYER soutenait encore en 1997, que l'imidaclopride n'avait pas d'effet
délétère sur l'abeille pour des concentrations en dessous du seuil de 5.000
ppb (parts par milliard)
Pourtant en 2001, la concentration de 0,1 ppb se révèle encore toujours être
nuisible à l'abeille (contamination chronique)
BAYER excluait la présence de l'imidaclopride dans la fleur de tournesol
(Gaucho)
En déc. 2000, la Commission des Toxiques concède que le pollen de tournesol
est contaminé à hauteur de 3 ppb et le nectar à hauteur de 2 ppb, niveaux
toxicologiquement significatifs.
BAYER n'envisageait pas que des reliquats d'imidaclopride à la suite de semis
antérieurs de Gaucho, puissent ressurgir dans la plante non traitée.
Pourtant pollen et nectar de tournesol non traité Gaucho, sont contaminés à un
niveau toxicologiquement significatif, pour peu que le tournesol ait été semé
dans des sols ayant connu un antécédent Gaucho.
L'abeille n'est évidemment pas l'unique espèce non cible à souffrir au contact
de l'imidaclopride.
De nombreux auteurs à travers le monde confirment d'ailleurs la nocivité de
l'imidaclopride - même en usage conforme à l'AMM - vis à vis d'autres insectes
utiles ( prédateurs ou para-sitoïdes d'insectes nuisibles ; pollinisateurs )
et plus généralement vis à vis d'une faune non cible, parfois essentielle dans
certains écosystèmes ( terrestres avec l'exemple des lombrics / aquatiques :
certains crustacés d'eau douce ou d'estuaire ). La consommation d'une seule
semence traitée Gaucho, par exemple une semence de betterave pas enfouie, par
un petit oiseau ( moineau, passereau, ...) souvent suffit à causer sa mort.
Evaluation
environnementale
Dans l' EAU : En région de cultures, la contamination par imidaclopride
des eaux de la nappe phréatique peut facilement dépasser la limite
administrative de 0,1 ppb, imposée aux produits phytosanitaires, à juger de la
première étude in situ, réalisée par BAYER + EPA, aux Etats-Unis : sur 5
années de suivi, le site de Long Island (New York) affiche en moyenne, 1,9 ppb
à comparer à la limite européenne de 0,1 ppb. En absence d'UV - ce qu'on peut
dire être le cas pour les eaux souterraines - l'imidaclopride dans l'eau est
extrêmement stable dans le temps ! Les eaux de surface ont été dosées au
Canada de 0,1 à 4,4 ppb). Faut-il rappeler que l'eau n'est potabilisable qu'à
partir d'eaux brutes contaminées jusqu'à 2 ppb par substance, à condition
toutefois qu'un traitement de l'eau permette d'en ramener sa concentration (et
celle de ses produits de dégradation et de réaction ), en-dessous de la limite
de 0,1 ppb des organismes aquatiques subissent des effets toxiques, parfois
létaux, dans une eau chargée d'imidaclopride à hauteur du ppb
Dans les SOLS : La persistance de l'imidaclopride dans
les sols est telle que à la suite de trois semis Gaucho annuels et
consécutifs, ses résidus correspondent en moyenne et en fin de troisième
année, à la quantité de produit apportée par un semis Gaucho.
Ce constat ne devrait guère étonner, quand on sait que la demi-vie de
l'imidaclopride dépasse largement ( parfois plus d'un an ! ) la limite
européenne de 90 jours !
Evaluation
toxicologique : santé humaine et santé animale
Dans la mesure où l'homme ne peut faire l'objet de tests toxicologiques
impliquant des produits phytosanitaires, certains mammifères sont soumis à des
tests standard supposés recouvrir l'ensemble des modes d'intoxication et des
effets toxiques. Les résultats de ces tests après correction par des facteurs
de sécurité, permettent de proposer des Doses Journalières Admissibles pour
l'homme. Ainsi la DJA de l'imidaclopride est de : 0,057 mg par kg de poids
corporel !
La toxicologie des produits de dégradation de l'imidaclopride n'est guère
connue : pourtant certains de ces métabolites sont toxicologiquement aussi
significatifs que la molécule mère.
Récemment, le Prof. Narbonne, expert toxicologue auprès de l'AFSSA,
spécialiste des dioxines, s'est interrogé sur les effets cumulés des dioxines,
de la nicotine et de l'imidaclopride, toutes substances qui ont le même
mécanisme d'action neurologique : il plaide pour que le risque de
l'imidaclopride pour l'homme soit étudié, couplé à l'exposition à la nicotine
et aux dioxines. D'autant plus que des récentes découvertes indiqueraient que
des doses de dioxines, très inférieures à celles jusqu'ici réputées toxiques,
pouvaient exprimer des effets toxiques en se fixant sur des sous-unités des
récepteurs nicotiniques classiques.
Les
conclusions provisoires concernant l'imidaclopride
Que le ministère de l'agriculture se déclare prêt à durcir encore les
exigences en matière d'homologation de produits phytosanitaires afin de mieux
encore protéger l'environnement et préserver la biodiversité, est pour
l'apiculteur et le citoyen que nous sommes, plutôt rassurant. Cependant, en
constatant que le ministère :
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temporise depuis 1997 : lorsqu'il s'agit de préserver de très gros intérêts économiques, il reste impassible devant les rapports alarmants attestant des graves nuisances environnementales et écotoxicologiques de l'imidaclopride, et il se contrefout des conséquences désastreuses de ses décisions injustifiables sur une production marginale, |
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ne semble guère prêter attention à ces précieux outils que sont témoignages factuels, retours de terrain et autres rapports d'observatoires divers, en principe prévus pour ajuster la théorie aux réalités du terrain. |
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ose soutenir que compte tenu des assez petites doses épandues par hectare, l'imidaclopride est " environnementalement correct ", alors qu'en l'occurrence il n'est de sens de raisonner en termes de dose, si on fait l'impasse sur la notion de dégradabilité liée à la molécule, |
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ne réagit pas lorsque des limites réglementaires correspondant à la pollution acceptable tant de l'eau que des sols, sont allègrement dépassées, |
... il est évident que les poussées écologistes du ministère
de l'agriculture font partie d'un plan de communication, recette obligée, mais
dans le cas présent : perverse, lorsqu'il s'agit de rassurer le monde sur des
sujets aussi sensibles que celui des produits phytosanitaires!
En dépit des présentations convenues de la substance idéale à tous égards,
l'imidaclopride par ses profils de stabilité et toxicité intolérables, doit
être interprété comme un dramatique retour en arrière, du temps des
organochlorés persistants combinés aux organophosphorés à forte toxicité
aiguë.
L'imidaclopride, déjà par son action neurotoxique originale mais aussi surtout
grâce à une stratégie commerciale agressive, s'est imposé comme
l'incontournable insecticide : en grandes cultures, arboriculture, petits
fruits et maraîchage ( aucune AMM !), culture de tabac, houblonnières ou
productions horticoles, en usage vétérinaire ou comme termiticide.
Ce succès vaut à l'imidaclopride de ressurgir partout, dans les différents
compartiments de l'environnement comme dans l'alimentation, et cela d'autant
plus facilement que son extrême stabilité :
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est à l'origine de la contamination de la culture non-traitée pour peu que celle-ci soit implantée dans des sols qui ont connu un traitement antécédent avec de l'imidaclopride, |
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et conforte le transfert de l'imidaclopride de l'alimentation animale, vers les produits carnés et / ou produits laitiers des animaux ainsi nourris [N.B. : afin de comprendre le déclenchement de l'entérocolite du lapin, l'INRA, vers fin '97, a aussi abordé le rôle de l'aliment et notamment le facteur : résidus de traitement des végétaux. Aucun pesticide classique dans l'aliment-type de diverses provenances n'a été retrouvé ; par contre, l'imidaclopride a été dosé à 130 ppb +/- 70 ppb ! S'il se confirmait que l'alimentation animale à base de végétaux, était chargée d'imidaclopride à ces niveaux, il y aurait lieu d'en vérifier ses résidus par exemple dans le lait de vaches nourries au maïs d'ensilage Gaucho, dans les foies gras de canards gavés au maïs Gaucho ( le foie comme organe d'élimination principale des contaminants ! ) avant d'aller voir du côté des viandes maigres.] |
L'homologation
du Gaucho / imidaclopride, un raté qui en cacherait un autre ? L'homologation
du Régent / fipronil en question.
La suspension de Gaucho pour son usage tournesol, n'a pas pour autant résolu
nos problèmes sur la miellée d'été en zone de grandes cultures.
Dans certaines régions, un net mieux a été observé en 1999, voire - mais plus
rarement - en 2000.
Depuis, les signes d'une intoxication sont à nouveau patents : signes qui
peuvent plus ou moins se confondre avec ceux occasionnés par le Gaucho, selon
le moment ou l'endroit et selon qu'on considère le comportement des abeilles
dans la ruche, devant la ruche, sur la fleur.
Au risque d'être trop réducteurs, nous pourrions dire, que :
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la dépopulation de la colonie en début de miellée, n'est plus aussi flagrante qu'avant 1999, même si elle est suffisante pour appeler un élevage anormalement important : même si le miel se trouve essentiellement stocké dans les hausses, ce qui nécessite un nourrissement des colonies plus abondant avant leur mise en hivernage, la production est 2 à 3 fois moindre par rapport à la période sans problèmes. |
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les taux de pertes hivernales ne font qu'augmenter, d'une année sur l'autre, |
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le comportement de la butineuse sur la fleur de tournesol devient souvent plus aberrant encore. En observant que ces aberrations n'étaient pas présentes sur tous les champs de tournesol, nous avions alors posé la question de l'innocuité du traitement Régent de la semence. Tous nos interlocuteurs -Aventis, DGAl, techniciens- ont alors répondu en chœur que le fipronil, " non-systémique " à la différence de l'imidaclopride, ne pouvait poser problème aux abeilles ! |
Cependant depuis peu, devons-nous nous rendre à l'évidence que
:
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selon les études d'une équipe toulousaine de comportementalistes, menées sur le terrain et au cours des miellées de 2001 et de 2002, le traitement Régent de la semence de tournesol altère certains actes comportementaux associés au butinage, au point de rendre significativement moins efficace le butinage sur tournesols traités par rapport aux non-traités. |
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non seulement le fipronil est systémique, et est donc véhiculé à travers la plante, mais en plus il possède des qualités endothérapeutiques : aux Etats-Unis, sa formulation Régent 4SC appliquée dans la raie de semis, est homologuée contre les larves de la pyrale du maïs ! |
Après une affaire Gaucho, désormais celle du Régent ? En tout
état de cause, une nouvelle fois faut-il déplorer le mépris de la part de
l'administration de l'agriculture, pour l'apiculture : une fois tombé
l'argument de la " non-systémie du fipronil ", voilà qu'elle se réfugie
derrière des " experts croyant Et aussi le mépris dans lequel le citoyen est
tenu : même si le fipronil n'appartient pas à la famille des néo-nicotinoïdes
et est peu hydrosoluble, ses caractéristiques de stabilité excessive, de
toxicité extrême, de sélectivité inexistante pour le monde des insectes, d'une
métabolisation en produits multiples peu ou pas évalués, devaient le rendre
irrecevable à l'homologation, parce que non-conforme pour des raisons d'ordre
environnementale et écotoxicologique !
Le risque toxicologique pour l'homme est " géré " par la proposition d'une DJA
: un homme de 75 kg, ne doit ainsi pas ingérer une dose journalière supérieure
à 0,015 milligrammes de fipronil !
Si l'expertise scientifique autorise à exiger le retrait de l'imidaclopride
pour l'ensemble de ses formulations et de ses usages, l'absence de pareille
expertise pour ce qui concerne le fipronil, nous limite à ne demander que la
suspension de Régent sur son usage tournesol, et au titre du principe de
précaution. ( voir document Coordination des Apiculteurs de France -
22.10.2002 : " Evaluation du fipronil comparativement à l'imidaclopride )
En ce mois de février 2003 , les 1000 éleveurs des " Fermiers de Loué " ont
décidé d'élever désormais leurs poulets - sous signe de qualité - avec une
alimentation certifiée sans Gaucho ni Régent. Par cette décision, ils
entendent déjà saluer la ténacité et le courage des apiculteurs, mais aussi "
veulent prendre leurs responsabilités, maintenant qu'ils se sont fait leur
propre idée sur les effets du traitement de semences de maïs par ces deux
insecticides ".
Depuis les labels " Bœuf fermier du Maine " et " Porc Sarthois " leur ont
emboîté le pas.
Le présent document devrait permettre aux acteurs de la filière des aliments
labellisés d'opter pour cette démarche de bon sens : le refus des
"insecticides systémiques persistants".
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