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C’est Noël
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Bientôt
Noël, fête des retrouvailles familiales, avant celle des copains à la fin de
l’année. Enfin c’est comme cela que souvent cette fin d’année se passera.
Peut-on encore espérer après tant de guerres et guérillas ? Dans cette période
de grande incertitude pour nombre de nos concitoyens affectés de manière
dramatique, quel espoir face aux fatalismes économique ou écologique ? Si
l’utopie perd son droit d’être affichée, alors le sens des actions que nous
conduisons se perd. L’utopie solitaire s’appelle rêve, l’utopie en acte et
collective s’appelle espérance. Ne vous privez pas de fêter cette fin d’année
quelles que furent vos joies et surtout vos peines pour qu’une nouvelle soit
porteuse d’espoir..
Au
rucher, peser les ruches
C’est le moment de commencer à peser les ruches tous les mois, le poids en
déclin donne une indication de la vitalité de la colonie qui ne dort pas mais
vit au ralenti consommant du miel en permanence pour tenir la chaleur.
L’évolution lente s’accélèrera en janvier et en février. Pour les ruches
atteignant encore 19 kg rien n’est à faire, aujourd’hui, vers 17 kg en pesée
arrière (le peson accroché à l’arrière, la ruche dotée d’un toit en tôle et
reposant à l’aplomb de sa face avant), il faut mettre un pain de candi sur le
trou du nourrisseur.
Le toit sera de guingois si le paquet de sucre est épais, une hausse vide
servira de rehausseur et sera comblée de film à bulle ou de journaux pour faire
l’isolation.
Autre solution : poser le film à bulle sur le paquet de sucre et poser le toit
dessus. Le film débordant du toit sur toutes ses faces rendra le tout étanche
aux courants d’air. Dans les régions tièdes, lors d’hivers manquant de rigueur,
on peut se hasarder à mettre 1/2 litre de sirop chaud fin janvier dans les
couvre-cadres nourrisseurs. Ce qui lance la ponte de la reine. Cette
intervention peut se faire à une condition, que la colonie soit puissante. On
s’en aperçoit lors de l’ouverture des toits en tôle. Si on découvre des abeilles
sur le couvre-cadre et si y en posant la paume de la main on constate qu’il est
tiède, c’est le signe d’une colonie abondante et vigoureuse.
Le
traitement antivarroa à l’AO
Pour les partisans des traitements à l’Acide Oxalique (AO), le moment est venu
de le faire. Ce traitement obtient une efficacité de 95 % dès lors qu’il n’y a
plus de couvain. Mais les conditions d’emploi sont précises pour éviter les
dégâts sur les abeilles.
L’AO, que l’on trouve également dans la nature, ne reste pas en résidu dans les
cires ou le miel, son usage n’altérerait donc pas la qualité de nos productions.
Il est peu dangereux pour les abeilles si les dosages et les conditions d’emploi
sont respectés. Il est sans danger pour l’apiculteur si l’application est faite
dans les règles de l’art.
Efficacité : la condition est que l’acide oxalique soit appliqué sur les
colonies en l’absence du couvain, donc maintenant. Traitement de choc,
c’est-à-dire ponctuel, l’AO est efficace contre les varroas accrochés aux
abeilles et non sur les varroas enfermés dans les cellules du couvain.
L’ouverture des ruches est possible à condition que la température extérieure
soit supérieure à 7 °C et par une belle journée ensoleillée.
La pulvérisation sur chaque face des cadres habités d’abeilles. Selon Charrière
et Imdorf, elle serait particulièrement bien tolérée par les abeilles. La dose
est de 3 à 4 ml par face de cadre.
Préparer 30 g d’AO dihydrate sous forme de poudre (désormais en vente dans la
plupart des magasins spécialisés d’apiculture), dissous dans un litre d’eau.
Cette solution est à préparer le jour de l’emploi car elle se décompose
rapidement.
On utilise un pulvérisateur à main d’1l et on mesure en pulvérisant dans une
éprouvette en plastique combien de coups de gâchette produisent entre 3 et 4 ml.
La ruche est ouverte rapidement et la sortie des cadres habités d’abeilles plus
la pulvérisation sur chaque face de 3 à 4 ml de produit ne prend guère plus de 5
minutes. Cette méthode est délicate à appliquer vu l’agressivité des abeilles
qui se manifeste à ce moment-là. Elle peut être appliquée plusieurs fois. Le
dégouttement est très facile à appliquer, mais semble moins bien supporté par
les abeilles.
On ne peut l’utiliser qu’une seule fois en hiver. On prépare une solution de
35 g d’AO dans un sirop 50/50 et on en répand 5 ml par inter-cadre où sont les
abeilles de la grappe. Pratiquement on achète chez le pharmacien des seringues
de gavage de 60 ml, on les remplit de 50 ml de sirop tiède à 35 °C et on les met
dans une glacière avec un accumulateur de chaleur. A chaque ouverture de ruche
on verse 5 ml (mesurés à l’aide des graduations de la seringue) entre les cadres
où l’on voit des abeilles. L’opération est très rapide. L’idéal est d’avoir un
lot de seringues toutes prêtes.
Précautions : toujours porter des gants en caoutchouc, des lunettes de
protection, un masque pour éviter d’aspirer dans les poumons des gouttelettes
d’acide. Bien respecter les doses selon la méthode employée. Pour les
possesseurs d’Internet, se reporter à l’article paru en 2003 de Charrière et
Imdorf, du Centre suisse de recherches apicoles, « un concept de lutte
alternative contre varroa ».
http://www.alp.admin.ch/themen/00502/00515/00516/index.html?lang=fr
Technique
: déplacer des ruches
Cette époque est favorable à la réorganisation des ruchers. Mais comment peut-on
déplacer des ruches ? Qui l’a tenté sans précautions s’est fait attaquer, qui a
déplacé ses ruches dans son rucher les a vues tourner autour de l’ancien
emplacement.
Utilisons ces observations. Justement, l’objectif peut être de perdre les
butineuses, les plus agressives des abeilles de la colonie. En effet si on
introduit une reine étrangère à la colonie, il est bon d’isoler la colonie
nouvellement remérée de plusieurs mètres dans le rucher. Les butineuses, ne
retrouvant pas leur colonie, rentreront dans les colonies voisines. Gorgées de
miel, elles seront acceptées.
Mais si l’on ne souhaite pas perdre de butineuses, les essaims artificiels sont
dans cette situation, car pauvres en abeilles on préservera celles que l’on a pu
y mettre. Or, les abeilles se repèrent à la vue par l’angle de leur ruche avec
le soleil et par des grandes formes comme des alignement d’arbres, la courbure
d’un ruisseau, des collines. A cela s’ajoute, comme chez la plupart des
insectes, l’influence des champs magnétiques du fait de la magnétite que le
corps recèle. Ce sont ces paramètres qui seront importants pour les déplacements
de ruches entre ruchers.
Tout d’abord premier principe général que l’on utilise facilement sur les
ruchettes du fait de leur poids, passer deux nuits dans le noir et la fraîcheur
d’une cave fait perdre à la plupart des butineuses leur sens de l’orientation.
Second principe, tout déplacement au-delà de 3 km perturbe gravement le sens de
l’orientation des abeilles. Donc les pertes sont plus que minimes. C’est ce qui
permet la transhumance l’été.
A moins de 3 km les déplacements sont possibles si une importante perturbation
des repères visuels existe, un dénivelé de quelques dizaines de mètres, un
changement important de l’environnement d’arbres, de bâtiments...
Toute
l’année ces principes restent vrais.
Donc aujourd’hui, le froid étant là que fait-on ? Il gèle toute la journée, on
ne bouge pas vraiment. A la gelée du matin suivent quelques degrés au-dessus de
zéro, on peut bouger les ruches.
Dans le rucher, pas de difficulté majeure, on déplace doucement, sans heurt les
ruches, les abeilles sont serrées les unes contre les autres pour ne pas avoir
froid, elles ne bougeront guère plus. Par précaution on peut fermer les
portières.
Transporter les ruches dans sa voiture ou sur une remorque. Elles seront
secouées et la grappe va se disloquer. Les abeilles vont tenter de sortir, la
portière sera fermée. Arrivé au lieu de transhumance, on pose les ruches sur
leurs supports et quelques heures après on viendra ouvrir.
Si on craint d’oublier d’ouvrir les portières, fermer
l’entrée un boudin de journal, les abeilles le déchireront, l’humidité
l’affaissera, si par hasard on ne l’ôtait.
Deux précautions s’imposent lors des déplacements des ruches, bien fixer les
plateaux de sol avec des attaches fiables, éviter absolument qu’un choc n’ouvre
le couvre-cadre. Sangler les colonies n’est alors pas inutile.
Et que se passe-t-il en cas de décrochage du plateau de sol par exemple ? Pas
grand-chose en vérité. Il suffit d’attendre pour que tout le monde se remette au
chaud, puis on remet la caisse en forme.
Plusieurs années de suite un guignol venait bousculer mes ruches et je les
retrouvais sous la neige cul par dessus tête avec les rayons à l’air. Je les
remettais en place, du sucre sur le trou du nourrisseur, et les plus fortes ont
démarré en trombe au printemps.
Pourquoi ? Nos anciens « brouettaient » leurs paniers en janvier-février, leur
faisant faire un tour de jardin en brouette. La grappe se disloquant, sa remise
en ordre s’accompagnait d’une surconsommation de miel qui, du fait des échanges
entre abeilles, lançait la ponte de la reine. Bonnes fêtes !
Jean Riondet
jean.riondet@wanadoo.fr
Auteur de « Un rucher dans mon jardin » cours d’apiculture pratique mis à jour régulièrement - Cdrom avec photos et diaporama sonorisé, en vente à l’UNAF.
avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs
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