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Le mot du Président
du GDSA Paul Schweitzer,
Président du GDSA de la Moselle |
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Le
Groupement de Défense Sanitaire des Abeilles de la Moselle
est heureux de vous accueillir pour le 39e Congrès de la FNOSAD à Saint-Avold en
Moselle. Nous espérons que vous y passerez un bon séjour, mais sachez, dès à
présent que nous ferons tout pour qu’il vous soit agréable. Comme en atteste la
présence de nombreuses voies romaines et, aujourd’hui, la saturation permanente
de son autoroute A31, la Moselle est, depuis l’Antiquité, une terre de passage
entre le nord et le sud de l’Europe. Cette particularité et ses nombreuses
ressources industrielles en ont fait le terrain privilégié des luttes que se
sont menés les états et les empires européens pendant des siècles. Aujourd’hui,
cette situation à la frontière de trois autres pays européens est un atout
considérable pour un département dont l’agriculture et l’apiculture sont souvent
trop méconnues. Une géographie particulièrement avantageuse nous permet de
récolter une grande variété de miels : colza, fruitiers, « acacia », tilleul,
ronce, sapin, forêt pour les appellations les plus fréquentes, mais également
bourdaine, bruyère callune, châtaignier, trèfle blanc, mélilot pour les
appellations un peu plus rares… La région de Saint-Avold est d’ailleurs, à ma
connaissance, le seul secteur où, dans l’est de la France, l’on peut, certaines
années, récolter du miel monofloral de bourdaine, appellation plutôt typique de
l’ouest de l’hexagone. Un des rares miels qui « ne prend » presque pas d’HMF,
puisque, quand il est vraiment monofloral, son pH est quasi neutre !
Traditionnellement le rucher mosellan est un rucher couvert, une petite maison
en bois abritant sur un ou plusieurs étages quelques dizaines de ruches dites «
alsaciennes ». Aujourd’hui, cette configuration est de plus en plus souvent
abandonnée… Initialement, l’abeille présente en Moselle est l’abeille noire. Une
étude menée par notre GDSA dans les années 1970 avait montré qu’elle était, à
l’époque, encore bien présente surtout dans les parties centre et ouest du
département. Les régions frontalières proches de l’Allemagne étaient, elles,
fortement influencées par l’abeille carniolienne. Çà et là, on pouvait toutefois
trouver des abeilles plus ou moins métissées avec l’abeille italienne, beaucoup
plus rarement avec la caucasienne. Près de 40 ans après, la situation a bien
changé et l’influence de l’abeille « Buckfast » se fait de plus en plus sentir,
avec tous les problèmes que ces introductions diverses posent inévitablement sur
le long terme…
Le GDSA de la Moselle est un « enfant » de la
Fédération des Apiculteurs de la Moselle. Il a été créé par
celle-ci, il y a déjà près de 50 ans maintenant. Devenu majeur, il a conservé
avec elle des liens très étroits puisque, par convention, tous les apiculteurs
qui adhérent à la Fédération adhérent automatiquement au GDSA. C’est lui qui, en
1979, a créé le laboratoire d’analyses qui, 20 ans après, a pris lui-même son
indépendance pour devenir le laboratoire d’analyses apicoles du CETAM-Lorraine.
Initialement, le petit laboratoire que nous avions créé avait deux buts. En
premier lieu, il s’agissait de nous donner les moyens de faire des recherches
systématiques sur la présence (ou l’absence) des principales maladies de
l’abeille présentes dans le département à l’époque, c’est-à-dire les deux
loques, l’acariose, la nosémose ainsi que les mycoses. Varroa n’est arrivé en
Moselle que cinq ans plus tard. Ce sont des centaines de ruches qui ont été
alors contrôlées dans certains secteurs et cette opération à grande échelle nous
avait permis d’éradiquer un important foyer de loque américaine et de
circonscrire un foyer d’acariose tout aussi grave. Un sérieux suivi de
l’évolution de la nosémose avait également été effectué, très utile lors des
années de fortes infestations… En 1982-1983, Varroa est arrivé. Il est devenu la
préoccupation majeure du moment et en étroite collaboration avec la Fédération
des Apiculteurs de la Moselle, notre laboratoire s’est transformé pour se
spécialiser dans l’analyse des miels. En 1998, le GDSA et la Fédération ont uni
leurs efforts pour créer le laboratoire du CETAM qui est maintenant connu bien
au-delà de nos frontières. L’autre raison d’être du laboratoire du GDSA a été la
formation.
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Depuis sa création et en étroite relation avec la Direction des
Services Vétérinaires de la Moselle, le GDSA forme lui-même ses agents
sanitaires apicoles. Une présentation détaillée de cette formation sera
présentée au congrès. La possession de matériel de laboratoire et tout
particulièrement de microscopie était naturellement indispensable… Nous
continuons à assurer ces formations. L’une d’elles a d’ailleurs lieu
actuellement pour des agents sanitaires qui seront nommés à la fin de cette
année. Elle comprend une partie « pathologie des abeilles » et une autre «
sélection et élevage de reines » et se déroule dans l’un ou l’autre des deux
ruchers écoles du département, à savoir celui du syndicat des apiculteurs de
Saint-Avold et celui du syndicat des apiculteurs de Metz.
Le GDSA de la Moselle est agréé selon l’Arrêté Interministériel modifié du 11
août 1980 et depuis 2004 nous avons un agrément ministériel dans le cadre de
notre PSE (Plan Sanitaire d’Élevage) lequel est en cours de renouvellement.
Actuellement, nous travaillons le plus souvent en étroite collaboration avec le
CETAM-Lorraine dont nous sommes avec la Fédération des Apiculteurs de la Moselle
le membre fondateur. Le pôle prioritaire du CETAM est la qualité du miel, mais
cette qualité est en étroite relation avec l’environnement et les pratiques
apicoles dans le cadre de la lutte contre les maladies des abeilles, domaines où
l’on retrouve les actions privilégiées du GDSA Moselle. Comme dans d’autres
régions de France, l’hiver 2007/2008 et surtout le printemps 2008 a été marqué
par des dépopulations d’abeilles associées à un manque de vitalité de certaines
colonies. Dès la fin de l’hiver, certaines observations nous avaient permis de
mettre en évidence une présence anormalement élevée de spores de nosema dans de
nombreuses colonies. Des examens ultérieurs effectués dans un laboratoire
spécialisé nous ont montré que « Nosema apis » n’était pas en cause mais qu’il
s’agissait presque toujours de « Nosema ceranae » ou d’espèces indéterminées.
Toutes les colonies concernées souffraient d’un net manque de vitalité.
L’absence actuelle de traitement spécifique contre nosema est un gros problème,
bien que nos expériences du passé avec « Nosema apis » ont toujours montré
l’importance environnementale dans l’évolution de cette pathologie (conditions
météorologiques favorisantes et importance du pollen). Face à cette situation,
nous avons décidé de mettre en place un réseau de suivi de la nosémose. Ce
réseau est actuellement créé. Il est basé sur le volontariat et nous permettra
un suivi semaine par semaine à partir de la fin de l’hiver de la nosémose dans
l’ensemble du département de la Moselle. Faute de médicaments, l’évaluation de
l’importance des spores de nosema est très utile pour mettre en place des
mesures prophylactiques. « Internet » qui n’existait pas dans les années 80
permettra maintenant aux apiculteurs d’avoir les résultats et les conseils
pratiques en temps réel… En fonction des conditions météorologiques, de
l’avancée de l’hiver et de l’arrivée du printemps, il n’est pas impossible que
nous ayons les premiers résultats pour le congrès de Saint-Avold, congrès pour
lequel je vous invite donc tous à participer très nombreux.
Avec l'aimable autorisation de la revue
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